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LAURÉATE DE LA BOURSE
2018

Projet primé : créer sa société pour produire Les Héroïques, le premier long-métrage de Maxime Roy.

Alice Bloch est attirée par des auteurs – français ou étranger – qui « allient un regard et une personnalité très forte, tout en ayant le souci du public et du récit. » Comme spectatrice mais aussi comme productrice. « J’ai des goûts éclectiques, de la comédie au drame, j’aime la prise de risque. » Elle espère très vite développer des co-productions avec des sociétés étrangères. « C’est un plus, que ça soit sur la création mais aussi les méthodes de travail. » Dépasser le franco-français.
 
 
Parcours
Dans la famille Bloch, pas de télévision à la maison, mais des séances de cinéma familiales. « Mes parents étaient très cinéphiles. » explique Alice. Mais pas de quoi, encore, créer une vocation. Il faut attendre ses études à Sciences Po et les cours d’économie et de politique « frustrants ». Pour compenser, Alice se rapproche d’une émission de radio étudiante de critique de cinéma créée au sein de l’école. « J’y ai rencontré des passionnés, comme moi, que je retrouvais plusieurs fois par semaine pour voir des films en salles et avec lesquels je réalisais des interviews, avec naïveté, enthousiasme mais sincérité.» Elle rencontre ainsi des acteurs, des réalisateurs, elle découvre l’envers du décor.
Alice a rapidement besoin de concret, de se confronter au monde du travail. À vingt ans, elle a l’opportunité de faire une année de stage à l’Independent Filmmaker Project (IFP), une organisation à but non lucratif, basée à New York qui œuvre pour la protection et la diffusion du cinéma indépendant. Elle travaille avec Joana Vicente, productrice entre autres de Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch, elle côtoie le milieu du cinéma new-yorkais, collabore au Filmmaker Magazine… Elle sent qu’elle a le désir de s’impliquer dans la création de film, mais elle ne sait pas encore quel pourrait être son rôle. Elle rencontre la réalisatrice franco-américaine Ani Simon-Kennedy qui lui propose de produire son premier long-métrage. « À ce stade, je ne savais pas vraiment ce que signifiait produire. J’ai imaginé que cela voulait dire trouver de l’argent. » Et elle en trouve, de l’argent, si bien que six mois plus tard, elle part en Islande, pour tourner un long-métrage d’anticipation musical sans dialogue – Days of Gray. Première expérience. Aussi exaltante que douloureuse. « À vingt ans, je devais porter quelque chose que je ne comprenais ni ne maîtrisais absolument pas. » Mais Alice a l’envie de recommencer et d’apprendre.
 
Retour en France
Deux ans à New York et Alice finit son Master à Sciences Po. « Après ces années riches en expériences, j’ai eu immédiatement envie de continuer à contribuer à la fabrication de films, en parallèle de mes études. » Elle crée Double Pigeon Productions avec quatre associés. Ils produisent desclips, spots publicitaires et vidéos institutionnelles. Ça lui a permis, selon son expression, « de toucher du doigt la gestion quotidienne d’une société. » Malheureusement : ça éloigne du développement de projets cinématographiques et il lui semble plus que nécessaire d’acquérir les bases du métier au sein d’une société de production établie et auprès de producteurs expérimentés. Elle intègre donc TS Productions. Pendant 4 ans, elle collabore à la production de longs-métrages de fiction, mène différents projets et commence à produire un auteur : Maxime Roy.
 
Un auteur / Un producteur
En produisant, Alice a le sentiment d’avoir trouvé sa place. Produire, dit-elle, c’est garder le cap et l’enthousiasme quand l’auteur doute, dialoguer et chercher avec le réalisateur, rendre possibles, concrets et réels une idée et un désir. « J’aime la diversité infinie de ce métier, que chaque producteur doit définir à sa façon, et surtout redéfinir à chaque film et en fonction de chaque auteur et de chaque projet. » Aujourd’hui, Alice souhaite plus que jamais travailler avec Maxime Roy et créer sa propre structure pour produire Les Héroïques, un scénario inspiré de la vie d’un ancien toxicomane à la personnalité singulière. « L’univers de Maxime est fort et vivant, il tend vers la comédie sociale qui s’intéresse à ceux qu’on ne met pas assez à l’écran, qui fait des marginaux des héros. » Et, grâce à la bourse, Alice va œuvrer pour faire de ce projet un film. Le tournage devrait démarrer au printemps 2019.