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LAURÉAT DE LA BOURSE
2019

Projet primé : "PO4, de la fertilisation à l'épuisement des sols", un reportage sur l’extraction et l’utilisation du phosphate.

Je ne serais pas devenu photographe documentaire, si…« un directeur d’école ne m’avait pas dit qu’il fallait d’abord faire de la photo si je voulais faire du cinéma. À l’époque, je ne pensais qu’au cinéma. Tous mes petits boulots étaient tournés vers l’image ». Pierre, qui vit en Belgique, suit le conseil de ce directeur et passe l’équivalent d’un baccalauréat photo. « C’est un peu la même chose, en fait : ce que j’aime, c’est raconter des histoires, à travers un film, un documentaire, un livre… parler de choses communes et penser en “nous” ».

Parcours
Diplômé en photographie de l’Inraci (Institut national de radioélectricité et de cinématographie) de Bruxelles, Pierre, poussé par son goût du voyage et de la découverte entreprend une série de reportages en Europe. S’il aime le voyage, il aime surtout se confronter au monde qui l’entoure, apprendre des choses en étant sur le terrain. Qu’il photographie des usines qui ferment, des sujets environnementaux ou des conflits sociaux, il a en tête toujours la même question : « Comment construit-on le monde qui nous entoure ? » Tropisme artistique : l’homme et son rapport à l’environnement. Au cours des trois dernières années, il a réalisé différents sujets dans le même esprit : Bargny, ici commence l’émergence (2018), un documentaire transmédia sur les impacts environnementaux et sociaux des projets de réaménagement urbain et de développement économique au Sénégal ; Dremmwel, un webdocumentaire interactif traitant de la surpêche, realize en Europe et au Sénégal. « Dans ces deux réalisations, résume Pierre, la photographie occupe une place à part entière et vient interroger notre rapport au monde et au vivant. »

Etre photographe documentaire aujourd’hui, c’est…« avoir une approche, un regard sur le sujet, apporter une réflexion. Le reportage, c’est tenter de raconter une réalité ; faire du documentaire c’est poser son regard de réalisateur sur cette réalité. Il importe de ne pas simplement faire de la photo, il faut un fond, un sujet. Il faut avoir quelque chose à dire, il ne suffit pas de simplement le montrer. ». Autre aspect du métier : « Savoir être pluridisciplinaire. Sur le terrain, on prend de l’image, on prend du son… En fait, on a un sujet et il faut le raconter le mieux possible. » Pour cette raison Pierre prend son temps, il lit des essais, des documents, des reportages… le travail de pré-enquête est primordial, cela peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années.

PO4
C’est un projet au long cours, comme il les aime. Rappelons ce qu’est le phosphate. Pierre explique : « Clé de voûte de notre modèle agricole et alimentaire, le phosphate est un sel résultant de la rencontre entre l’oxygène et le phosphore (PO4). Cette ressource géologique non renouvelable pourrait bien devenir un enjeu plus important que celui du pétrole dans les années à venir. »  Il explorera les zones d’extraction, les zones de transformation, les zones d’épandage.  « Il me semble important de conserver la notion globale et sans frontières de cette question, tout en m’appuyant sur des récits géolocalisés. »

La bourse
Elle va lui permettre de préparer les voyages, et surtout de payer des « fixeurs » pour le guider sur place, ainsi que les pellicules. Car Pierre, qui travaille indifféremment en argentique ou en numérique, a une approche photographique pour ce projet : il privilégiera le Polaroïd argentique couleur.  Rendez-vous en 2021, pour une exposition mais surtout pour un livre…