Accueil // Les Bourses // Musicien // Antoine Talon et Gabriel Renault pour ATOEM
LAURÉAT DE LA BOURSE
2019

Projet primé: concevoir leurs propres instruments et enregistrer leur premier album.

Atoem n’existerait pas si… « je n’avais pas eu besoin d’un batteur pour mon groupe, raconte Antoine Talon. Je suis alors allé à l’école de musique à côté de chez moi, j’y ai rencontré Gabriel ». Simple. Très vite Gabriel Renault et Antoine Talon vont se rapprocher autour d’un élément central : le synthétiseur. Ils délaissent le groupe et travaillent de plus en plus ensemble. Le synthé s’intègre dans leur musique. On passe de la reprise à la composition, on bascule du rock vers la musique électronique – tendance rock, inspirations multiples, de l’avant-garde de la musique électronique et répétitive (Tangerine Dream, Kraftwerk) au rock psychédélique des Pink Floyd, ou encore à la musique électronique moderne (Weval, Darkside, Daft Punk, etc.). Ainsi naît Atoem.
 
Parcours
Gabriel – dont toute la famille est portée sur l’art, précise-t-il – commence à 6 ans les percussions à l’école de musique à Le Rheu. Au début, il souhaite simplement « jouer d’un instrument », à la rigueur « avoir un groupe ». Comme si c’était le passage obligé pour tout adolescent vivant dans la région rennaise.
Puis, l’idée de travailler dans la musique naît. Il décide de poursuivre ses études à la faculté des sciences économiques Rennes 1 jusqu'au master. Pendant tout ce temps, il continue à développer son projet musical. Une fois diplômé, il trouve un emploi dans une agence de conseil en marketing digital. Il tient deux ans et démissionne lorsqu'on lui propose de jouer aux Trans Musicales, une seule idée en tête : se consacrer uniquement à la musique.
Antoine, de son côté, a commencé la musique « sur le tard », à 10 ans. À force de voir son père s’user les ongles sur sa guitare, il s’y met, en autodidacte. Il monte des groupes, joue dans des caves, des bars, tout en suivant des études d’ingénieur – il faut avoir le sens des réalités. Diplômé d’un master 2 en électronique et télécommunications de l’université de Rennes 1, le jeune ingénieur fait un stage chez Arturia, constructeur français d’instruments électroniques. Après le stage, l’avenir se dessine clairement : consacrer son temps (et sa vie) uniquement à la musique. Voilà comment on se retrouve sur les routes à multiplier les dates de concerts. Justement, lors d’un concert à Rennes, un programmateur les repère. Il appelle un ami : l'éditeur Ismaël Lefeuvre : « tu devrais voir ces types, ils sont en train de bouger les meubles ! » [retranscription libre !] Le patron de ILCM va les voir, d’emblée il propose de les accompagner.
 
Aujourd’hui, être musicien c’est… « avoir plusieurs casquettes. On doit s’occuper de tout, écriture, composition, communication, ingénierie du son, on est également techniciens. ». Ils assument, ils assurent. D’autant qu’ils font un choix plutôt atypique : construire leurs propres instruments, notamment un synthétiseur modulaire qui les accompagne en studio comme sur scène. Maintenant, ils veulent monter un studio complet pour enregistrer leur album. Ils ont les connaissances de traitement acoustique, et leur formation leur apporte des compétences techniques pour réparer, modifier ouconcevoir de nombreux instruments de musique ou appareils de traitementaudio. Leur projet devient à la fois une « recherche expérimentale sonore » et « le traitement acoustique en production ». Qui ne rêverait pas d’avoir son propre studio et un matériel de qualité professionnelle construit entièrement de ses propres mains ?
 
La bourse
Ils s’investissent au maximum dans le processus de production. Ils souhaitent rester au plus près de leur art. Pour ce faire, ils souhaitent équiper leur nouveau studio d’outils de traitement sonore. Ces nouveaux instruments vont permettre non seulement de produire leur album avec une qualité de son marquée, mais également de poursuivre leurs recherches et leurs expérimentations sonores, notamment avec leur synthétiseur modulaire. Des artistes complets. Et généreux : ils comptent bien faire profiter d’autres musiciens de leurs connaissances. Une fois installé, le studio n’aura pas toujours sa porte close.