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LAURÉATE DE LA BOURSE
2020

Projet : enregistrer l’intégrale des mélodies du compositeur Isaac Albéniz (1860-1909) et proposer un vrai parcours biographique musical.

Personne dans la famille d’Adriana n’est musicien – mais sa mère, mélomane, lui fait écouter les disques de Maria Callas.  A l’école, à Guatemala City (Guatemala) où elle grandit, aucune matière ne l’intéresse vraiment. Mais il y a ce prof de musique, qui a une façon ludique d’enseigner. Adriana prend plaisir à déchiffrer la musique, « cette autre langue ». A sept ans elle commence le piano, à 10, elle apprend la guitare, et elle s’essaie à l’alto à l’université. Avec quelques amis, elle chante du jazz ou du rock dans des concerts organisés le soir dans des bars. Elle annonce à sa mère qu’elle veut étudier la musique. Celle-ci l’encourage mais à une condition : qu’elle prenne des cours de chant pour améliorer sa capacité vocale. Avec sa professeur, Barbara Bickford, elle découvre l’opéra, notamment Cecilia Bartoli, et Dmitri Hvorostovsky. Un monde s’ouvre à elle. « La musique m’aide à trouver mes mots », dit Adriana qui, dans la vie, ne se trouve pas très loquace.

La rencontre déterminante se fait avec le pianiste et chef d’orchestre espagnol Iñaki Encina Oyón. « C’est lui qui m’a découverte ! » dit-elleavec enthousiasme.Il lui propose de jouer dans une pièce à Paris. Pendant son séjour, elle passe une audition et entre à l’atelier lyrique de l’Opéra de Paris. C’était en 2014. L’arrivée en Europe va changer sa vie – et sa carrière.

Petit tour d’horizon : elle a chanté Zerlina dans Don Giovanni, est membre de l’IOS de l’Opéra de Zürich (en 2017 et 2018) elle reçoit le Prix Lyrique du Cercle Carpeaux pour son développement artistique (2017) puis a remporté plusieurs prix dans différents concours internationaux en Irlande, Autriche, Espagne.... Elle est lauréate du New Upcoming Artist Award décerné par la Hemeroteca Nacional de Guatemala. En 2019, elle reçoit le Premier Prix du Concours Opéralia. « Ce prix me permet aujourd’hui de pouvoir construire une carrière lyrique sur les grandes scènes internationales et d’y chanter les grands rôles du répertoire tout en développant des projets plus personnels de récital. »

On retrouve la complicité d’Iñaki Encina Oyón. Ensemble pour le label Audax, fondé par le violoniste baroque Johannes Pramsohler, ils réalisent un album consacré aux Mélodies de Robert Dussaut et Hélène Covatti. « C’était un pari audacieux de présenter un répertoire totalement inconnu du public ! »
 
Albéniz
Leur nouveau projet est tout aussi ambitieux. Adrianaa envie d’enregistrer les Mélodies d’Albéniz. « En tant qu’artiste hispanophone, on me demande toujours de chanter des programmes espagnols avec les Siete canciones populares españolas de De Falla ou les tonadillas de Granados ou Obradors. » Si Albéniz est considéré comme l’un des compositeurs majeurs de la musique espagnole, notamment pour son œuvre pour piano, sa musique vocale demeure largement inexplorée. « C’est une musique d’une richesse harmonique et mélodique extraordinaire. Ces 30 mélodies offrent un véritable voyage à travers la vie d’Albéniz et un panorama remarquable de l’évolution de son style. »
 
La bourse
 « La vie cosmopolite d’Albéniz est aussi la mienne et je souhaite m’investir pleinement dans la connaissance et la diffusion de son œuvre. » Mais Adriana garde la tête froide. Le travail est sa ligne de conduite. Albéniz donne l’élan. « J’ai besoin de bien comprendre ce que je chante, décrypter le sous-texte, pour l’interpréter. »explique Adriana. La bourse va permettre de mener à bien la phase de préparation pour enregistrer, en février 2021, ces trente mélodies.