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LAURÉATS DE LA BOURSE
2018

Projet primé : réaliser des travaux d’aménagement dans la librairie La Colline aux livres à Bergerac

Caroline Dieny et Baptiste Gros sont deux libraires d’expérience. Ils se sont rencontrés en 2013, lors de l’élection du conseil d’administration de l’Institut National de Formation de la Librairie. Ça ne s’invente pas. Certains se rencontrent dans des mariages, d’autres dans des concerts, eux, c’est dans un conseil d’administration. Et pourquoi pas ? Ils auraient pu aussi se rencontrer dans une librairie. La librairie les rassemble, les dynamise, les enchante. Ils viennent de reprendre La Colline aux livres à Bergerac. Ils vivent ensemble, travaillent ensemble. Caroline sourit : « On a la même vision de la librairie. » Baptiste tranche : « Pour nous, libraire ce n’est pas un métier, c’est un mode de vie ! »
 

Itinéraires
Baptiste a grandi parmi les livres. Il a toujours fréquenté les librairies. Chez ses parents, le budget livre était le plus important. Adolescent, il lisait Le Canard enchaîné le mercredi aux aurores pour, dès l’ouverture, se ruer en librairie et se procurer les ouvrages chroniqués. Il a toujours été attiré par les libraires, ces passeurs qui conseillent et parlent aux gens. « Le libraire a un rôle culturel mais aussi social », c’est d’ailleurs le sujet de son Mémoire : le rôle social du libraire dans les villes populaires. À cette occasion, il rencontre beaucoup de libraires. L’un d’eux lui propose un stage. Il tombe en librairie comme d’autres entrent sous les ordres. Ensuite, c’est expériences, formations, un peu de culot, du savoir-faire, de l’enthousiasme, de la passion et beaucoup de talent. Il a dirigé plusieurs très grosses libraires, formé et accompagné des dizaines de futurs libraires, défendu des livres, des auteurs, des catalogues…
Pour Caroline, pas de doute, c’est une vocation. Dès son plus jeune âge, ses parents l’emmènent en librairie. Des libraires passionnés lui recommandent des ouvrages, façonnent ses goûts, lui transmettent le plaisir de lire et surtout le plaisir du métier. Pour une fille d’enseignants, la question de la transmission n’est pas anodine. À l’issue de ses études de lettres, elle se forme alors au métier. Après quelques expériences, elle se lance dans une création de librairie à Crécy La Chapelle (Seine et marne). « C’était formidable, mais je me suis aperçue que je n’avais plus de vie personnelle. À 25 ans, c’était dommage ! » Elle revend ses parts, et enchaîne plusieurs expériences significatives, notamment à la librairie L’Atelier (Paris 20e).
 
La Colline aux livres
Quelques années après leur première rencontre, Baptiste et Caroline ont un projet : travailler ensemble dans leur librairie. Ils ont désormais une solide expertise, ils maîtrisent la chaîne du livre, ils ont plus que jamais ce goût de transmettre. Baptiste : « Sur un tableau, on a listé tous nos critères : reprise d’une libraire [ils se soucient du réseau de librairies traditionnelles en France], dans une ville de 30 000 habitants, avec un cinéma et un théâtre… et sur une carte, on a tracé une ligne pour délimiter nos envies. » Et surtout éviter les villes où ils ne se voyaient pas vivre.
Le projet à peine lancé dans leur tête, ils tombent sur une annonce : la librairie La Colline aux livres de Bergerac (Nouvelle Aquitaine) est en vente. « Dès le seuil de la porte franchie, on a su que ça serait notre librairie. » Cinq mois après, ils en sont les nouveaux propriétaires. La Colline aux livres, c’est deux salariés et une apprentie, 130 m2, 25 000 volumes, plus de 15 000 références. Un sous-sol de 100 m2 qui sert, actuellement, de réserve. Et de beaux rayons : littérature, jeunesse, bande dessinée, beau livre, sciences humaines, vie pratique, papeterie.
 
La bourse
« La bourse va nous permettre de faire des travaux, rafraîchir les vitrines, revoir l’éclairage, le mobilier, la signalétique… Mais surtout on va faire un escalier pour rendre accessible depuis la librairie, la réserve qui deviendra un véritable lieu de vie. » L’ouverture à proximité d’une grosse enseigne en septembre 2018, les oblige à rester dynamique tout en affirmant leur goût pour une littérature exigeante. Une fois par semaine des écrivains viennent à la rencontre des lecteurs, il y a aussi des ateliers jeunesse, de l’éveil musical. La librairie doit être un lieu d’accueil et de rencontres. Un lieu de passage, entre les textes et leur lecteur. Pour continuer à défendre les livres et, pourquoi pas, susciter des vocations.