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LAURÉAT DE LA BOURSE
2016

Projet primé : accompagner la réalisation et la sortie de Gravity Zero, son prochain album de compositions originales.

Révélation
Chez les Coulondre, la musique pourrait être une histoire de famille. Le père de Laurent aurait bien aimé être musicien, mais ce projet est resté longtemps un doux rêve. Ses parents ne voulaient pas en entendre parler. Alors, il a tenu, avec sa femme, un magasin de réparation d’électroménager. Il y a une quinzaine d’années, il a tout quitté pour devenir ingénieur du son. On revient toujours à ses premiers amours. C’est peut-être pour ça que Laurent a eu le choix… « À la maison, raconte Laurent, il y avait un piano droit. Mon frère s’y installait fréquemment. Il pratiquait aussi la trompette et le chant. » Laurent, lui, commence par la batterie. Par hasard. À l’époque, ses parents suivaient des cours de danse de salon et, ne pouvant faire garder leur fils de trois ans, ils le confiaient au mari de la prof qui enseignait la batterie dans la pièce d’à côté. Il n’en faut pas plus pour que, en attendant ses parents, Laurent apprenne à frapper sur la tom base, la cymbale, la charleston, ou la grosse caisse. Dès l’année suivante, il entre joyeusement à l’école de musique de la ville. A Vauvert, en Camargue gardoise, au milieu des taureaux et des rizicultures. À 6 ans, en plus de la batterie, Laurent commence le piano. « Dans l’école de musique, il y avait un tarif dégressif selon le nombre d’instruments qu’on apprenait » explique Laurent – qui a donc aussi étudié : le saxophone, la basse, l’harmonica et le deejaying. Petit à petit, le piano l’emporte sur les autres instruments. Mais Laurent a du caractère et sait ce qu’il ne veut pas faire. Il menace son professeur de tout arrêter s’il lui fait jouer du classique. Celui-ci entend sa demande et lui ouvre d’autres horizons : et c’est ainsi que le jazz entre dans sa vie. À neuf ans, il fait un stage avec le pianiste Stéphane Kochoyan et rejoint le big band de l’école. « C’était magique, on jouait des premières parties avec des gens prestigieux : Marcus Miller, Dee Dee Bridgewater, Michel Legrand… »

La musique
Laurent enregistre son premier album à l’âge de treize ans. « Une chance unique » dit-il. Il participe évidemment au festival Nuits du jazz à Vauvert. La musique, personne ne pourra dire le contraire, c’est une partie de sa vie. L’autre partie, c’est le basket. Laurent le pratique avec grande passion. Entre les deux activités, ce n’est pas toujours facile. Si on peut jouer du piano debout, difficile en revanche d’en jouer avec une attelle au doigt ou un bandage. « À ce moment-là, se souvient-il, je n’avais pas spécialement l’ambition d’être musicien. Au contraire, j’espérais même suivre des études de sport, Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou autre chose. » Mais ses professeurs l’en dissuadent. Laurent quitte la Camargue et rejoint la fac de musicologie de Toulouse. « Il y avait beaucoup de pratique, d’arrangements jazz, d’improvisation… » Dans le cadre du cursus, il part un an à Barcelone à l’École supérieure de musique de Catalogne. Alors qu’il pianote sur un orgue – instrument qu’il connaît bien– on lui propose de remplacer un organiste pour une série de concerts. Pourquoi pas, se dit Laurent qui, depuis, passe de l’orgue au piano les yeux fermés.

«  Trio réversible »
De retour de Barcelone, il intègre l’orchestre de Jazz in Marciac. Et enchaîne, de 2010 à 2016, les récompenses, médailles et autres tremplins : élu « génération Spedidam, Talent Jazz Adami, Concours national de Jazz à la Défense… La dernière récompense en date : Révélation de l’année aux Victoires du Jazz 2016. Laurent garde la tête froide, c’est un bosseur. Qu’il soit sideman ou leader, il multiplie les projets et les scènes des plus mythiques festivals. Depuis sept ans, avec le batteur Martin Wangermée et le bassiste Jérémy Bruyère, ils forment un « trio réversible » ou Laurent passe librement du piano à l’orgue et Jérémy de la contrebasse à la basse électrique donnant ainsi naissance à un jazz funky que l’on retrouve dans leur album Schizophrenia sorti chez le label Sound Surveyor Music.

Aujourd’hui
Laurent a d’autres projets. Notamment Gravity Zero, un album de compositions originales où l’on retrouvera son complice Martin Wangermée. « La bourse va m’aider à produire et accompagner la sortie de cet album. » explique Laurent qui a bien conscience que la musique seule ne suffit plus. « Il faut penser à tout ce qui va autour, la promotion, les vidéoclips ou le travail d’un directeur artistique, par exemple. » Laurent a le talent, reste à mettre sa carrière sur les rails.