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LAURÉATE DE LA BOURSE
2016

Projet primé : créer DanceNote, une plateforme qui permet aux professionnels et aux amateurs de danse d’enregistrer et de partager leurs créations avec les danseurs.

Développée avec La Fabrique de la Danse, la plateforme DanceNote a été officiellement lancée le 30 mars 2017. 

Passion
Il est parfois bon d’avoir des soucis. Ça permet de faire avancer la science, la médecine, la technologie. Ou la danse. Il y a quelques années, Lucie Mariotto rejoint une compagnie de danse contemporaine Danse en Seine. Elle est danseuse amateur depuis des années. Enfant, à Aix-en-Provence, elle dansait déjà. « De la danse classique », précise Lucie. Mais quand arrive le moment de faire des choix, c’est la danse qui  en pâtit. « Soit je poursuivais mes études, soit je poursuivais la danse » résume Lucie qui a choisi de ne pas être une « artiste ». Elle fait des études de commerce « ça me semblait plus généraliste », passe une année à Montréal, revient en France et s’installe à Paris où elle trouve un emploi dans une agence Web. C’est à ce moment que Lucie intègre la compagnie Danse en Seine. Elle participe à plusieurs projets chorégraphiques puis, en 2015, on lui propose de reprendre le rôle principal dans une création. Il lui reste trois mois pour se préparer. « L’apprentissage de la chorégraphie devait se faire seul, grâce à des vidéos de l’œuvre filmée plus ou moins bien » explique Lucie. Mais si la vidéo permet de transmettre la description de l’œuvre, une grande partie non visuelle de celle-ci fait défaut. En effet, on ignore alors tout des intentions du chorégraphe, des déplacements dans l’espace, de la précision des gestes, de l’interaction entres les danseurs. Voilà le souci. « Mon expérience n’est qu’une parmi des milliers conclut Lucie. La majorité des chorégraphes invente des spectacles touchants, profonds, parfois révolutionnaires, mais qui vivent rarement dans la durée. » Cette situation préoccupe Lucie, qui a alors l’idée de mettre les nouvelles technologies digitales au service de la danse. Ainsi naît l’idée de DanceNote.

Le Projet
Il s’agit d’une solution technologique imagée pour conserver et transmettre le patrimoine chorégraphique en danse contemporaine. L’outil permet aux compagnies de numériser et de modéliser les mouvements des danseurs et de conserver l’intention artistique du chorégraphe. « Si en danse classique on dispose d’un vocabulaire universel permettant, par exemple, de codifier un ballet, il n’existe rien pour la danse contemporaine » explique Lucie. Aujourd’hui, pour laisser une trace, une compagnie doit passer par un notateur formé, qu’il faut rémunérer sur toute la période de création : cela coûte cher, alors bien souvent on s’en passe. « Il était donc nécessaire de réinventer la notation de la danse ! »

La Fabrique de la Danse
Lucie quitte son travail et, avec 6 associés, crée La Fabrique de la Danse qui se donne pour mission d’innover dans ce domaine grâce, notamment, aux apports de la technologie. La société, aujourd’hui hébergée à 104factory, l’incubateur du Centquatre-Paris, a pour objectifs de proposer des formations pour les professionnels du spectacle vivant, d’être elle-même un incubateur de chorégraphes et de proposer des outils digitaux au service de la création artistique pour accompagner le travail des compagnies. Et, bien sûr, de développer DanceNote
Pour bien comprendre, reprenons. DanceNote est la solution pour faciliter le partage de la création chorégraphique avec les danseurs. Notamment si le spectacle est amené à être repris. La plateforme offre trois fonctionnalités : Synchronisation des captations de la création sous plusieurs angles de vue ; Intégration des intentions artistiques par le chorégraphe ; Partage et échange avec l’ensemble de l’équipe artistique et technique de la pièce. L’équipe travaille actuellement à l’intégration d’un module de modélisation 3D de chacun des mouvements pour saisir la précision de chaque geste. Les professionnels sont très intéressés –on imagine bien pourquoi. Les premiers tests sont concluants assure Lucie. L’outil va devenir très vite indispensable. Depuis novembre 2016, une version bêta de la plateforme est gratuitement ouverte au public pour une période d’essai jusqu’en mars 2017… avant son lancement officiel. Le modèle économique de la plateforme repose sur un système d’abonnement. Il y aura plusieurs offres, selon les besoins de stockage. « La bourse va nous permettre de poursuivre le développement du projet », explique Lucie.

Actualités

LaNcement de la plateforme DanceNote de Lucie…
La plateforme DanceNote, projet pour lequel Lucie Mariotto a obtenu la Bourse de la Fondation, a été lancée officiellement le 30 mars 2017.