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LAURÉATE DE LA BOURSE
2016

Projet primé : réaliser Miracasas, son second court métrage. L’histoire d’un bourg en Amérique du Sud souhaitant inaugurer son cimetière tout neuf. Malheureusement les villageois n’ont pas le moindre mort à lui confier… 

Encouragements
Raphaëlle Stolz le reconnaît bien volontiers : « J’ai eu la chance d’avoir des proches qui ont cru en moi et qui m’ont toujours encouragée. » Son père est photographe, sa mère, graphiste. Ensemble, ils ont une entreprise d’édition touristique, en Suisse. Raphaëlle ne va pas à l’école maternelle, elle reste à la maison, avec, à sa disposition, tout ce qu’il faut pour éveiller ses goûts et sa pratique artistique. À 6 ans, elle commence le piano et dessine avec frénésie. Elle recopie des livres de photo, de peinture, et de bandes dessinées . Un travail de copiste qui lui permet d’affiner son trait et son œil. Elle découvre ensuite la peinture avec son grand-père, peintre à ses heures et dont les innombrables tableaux sont exposés sur les murs des maisons familiales.
A douze ans, elle réunit ses parents autour de la table du dîner et pose un ultimatum : « Soit je deviens concertiste, soit je deviens peintre. » Voilà le problème posé. Les parents échangent un regard et plutôt que de freiner ses envies, ils l’encouragent. Il faut croire en ses rêves. Ils lui offrent alors son premier chevalet et une pièce de la maison deviendra  sa « chambre de peinture ».
Après son bac littéraire, elle présente Émile-Cohl, la prestigieuse école de dessin et d’art de Lyon. Même si elle est attirée un temps par l’animation, elle se perfectionne en illustration. Pendant son année de diplôme, elle tente l’école de Gobelins. « J’étais attirée par les films, mais je pensais que c’était inaccessible. » Elle est sélectionnée et en s’amusant, raconte : « J’étais la première surprise ». Raphaëlle a envie d’apprendre, elle se familiarise avec l’animation, participe à des films en groupe. Puis, petit à petit, elle a le désir de raconter ses propres histoires, de porter ses projets. Après l’école, elle réalise plusieurs films, dont Le Salsifis du Bengale dans la collection « En sortant de l’école » de Tant Mieux Production et France Télévisions.

Le film
Son nouveau projet Miracasas, « est un film qui me tient à cœur pour plusieurs raisons : ce sera mon premier projet personnel, la première fois que je réaliserai un court métrage de plus de 3 minutes  et ce sera aussi mon premier film entièrement en couleur », explique Raphaëlle. Il y a longtemps que Raphaëlle attend ce moment.
L’histoire se passe quelque part dans une campagne vallonnée, au milieu des années 1930. Un village sort de terre. Son nom : Miracasas. Les villageois préparent l’inauguration du cimetière, mais il manque un élément essentiel à la cérémonie : le premier mort. Le maire lance donc un appel dans la région pour trouver le premier défunt digne du nouveau cimetière. « J’avais envie de montrer la vie d’un village reculé et de pointer du doigt toute l’ambiguïté que l’on retrouve dans la nature humaine. »

La bourse
Elle sait l’ambition du projet : « Il y a un énorme travail sur la mise en scène, les cadrages, la mise en couleur. » Raphaëlle aime travailler seule, mais après des mois de solitude, il lui faut retrouver l’émulation du travail en équipe. « Je veux avoir les moyens de m’entourer. Notamment engager un script doctor pour finaliser l’écriture du scénario, développer le story-board, commencer l’animatique, et par la suite engager deux décorateurs et quelques animateurs. » C’est pour cette raison qu’elle s’est tournée vers la bourse .
Pour ce film, la bourse est une étape dans le processus. « Elle va me permettre d’avancer dans ce projet ambitieux et d’aller chercher d’autres aides. C’est seulement grâce à toutes ces aides que le film peut se faire. » On a hâte de découvrir cette tragi-comédie.