
PROJET PRIMÉ : tracer une mémoire photographique du cosmodrome de Baïkonour, haut lieu de la conquête spatiale de l’ex-URSS.
Serait-ce sa lointaine origine russe, sa vieille passion pour les sciences, l’espace ou la conscience d’un vingtième siècle révolu qui ont conduit Émilie Buzyn au cosmodrome de Baïkonour ? « Baïkonour, ce haut lieu de la conquête spatiale, longtemps interdit aux étrangers, à l’avenir incertain depuis la chute de l’URSS », résume-t-elle.
Son idée : témoigner de son époque conquérante, comme le ferait un archéologue, tout en entamant la réflexion sur son futur. Depuis ce jour de 1993, où, sur Europe 1, elle entend parler d’un « paysage technicobucolique », Émilie rêve d’approcher ce lieu atypique. Elle vient alors d’opter pour des études de biologie, qu’elle délaissera vite pour entrer brillamment aux Arts décoratifs. Formée pendant cinq ans au graphisme et au multimédia, qui la nourrissent encore aujourd’hui, elle décide de passer son diplôme photo, qu’elle obtient avec une mention spéciale du jury.
Dès lors, elle n’aura de cesse de faire le grand écart entre gagner sa vie et la sublimer. Par la photo, toutes les photos. « Pour moi qui suis très nostalgique, il n’existe pas de sujet de photographie mineur, affirme-t-elle. Au contraire, je vis dans la peur de ne pas léguer de photos familiales à mes enfants.» Avec ce projet, c’est à l’humanité entière qu’elle racontera l’une des plus passionnantes pages de l’histoire contemporaine : celle de la conquête spatiale.
Son parcours depuis l'obtention de la Bourse
En 2005, les photos de son projet sur Baïkonour sont publiées dans le numéro d’été de Technikart consacré aux vacances dans l’espace.
Emilie est l'un des auteurs de Vivre le Sport, un beau livre réalisé à l'initiative de la Fondation Jean-Luc Lagardère et co-édité aux Editions du Chê,e (sortie en septembre 2006). Sur chaque ouvrage vendu, deux euros sont reversés à l'association Foot Citoyen, association qui promeut les valeurs citoyennes sur les terrains de football.