
PROJET PRIMÉ : enquêter sur le boom des cybermariages qui vide le Cameroun de ses femmes.
Il s’était rêvé diplomate. Mais, à son arrivée en France, Luc Olinga a une obsession : devenir journaliste. Armé d’un diplôme de l’ISCPA et de Sciences Po Paris, il accumule les expériences en télévision, en radio et en presse écrite, entre ses deux ports d’attache que sont Lyon et Paris.
Le Progrès, France 2, RFI ou Le Figaro l’accueillent à la faveur du temps libre que lui laissent les études qu’il poursuit toujours. Mais, son choix de vie est fait : « Je ne supporte pas de passer à côté d’une actualité », déclare ce lauréat de la bourse François-Chalais des Jeunes reporters. Il a suffi d’un e-mail qui l’alerte sur l’exode des femmes camerounaises et sa rencontre avec deux étudiantes de Yaoundé pour avoir envie de creuser le sujet. « Elles étaient émancipées, jeunes et déjà mariées à des Blancs bien plus âgés » explique-t-il. Il s‘aperçoit alors qu’un phénomène de masse de mariages par l’Internet est en train de vider le Cameroun de ses femmes.
Toutes, les pauvres, les riches, les jeunes, les vieilles, les urbaines comme les rurales. Pour le bonheur ? Pas sûr. Si quelques-unes s‘épanouissent en France, la plupart d’entre elles sombrent dans une prostitution sordide dont les revenus permettent de berner les familles restées au Cameroun. Misère économique contre misère affective ? Un nouveau débat qui irait, selon lui, jusqu’à modifier les relations Nord-Sud. C’est sûr, une enquête s’impose.
Luc Olinga est actuellement reporter au service Social de l'Agence France Presse (AFP) à Paris.