
PROJET PRIMÉ: Écrire son deuxième roman.
À l’école, quand le professeur demandait de raconter ses vacances, la rédaction du petit Gilbert Gatore faisait plusieurs pages. Dès l’âge de 13 ans, il tient son journal intime où il raconte ce qui se passe alors au Rwanda et qui éclatera aux yeux du monde en 1994..Il perd ses carnets en fuyant mais pas le goût des mots. Après quelques années en Afrique, Gibert Gatore arrive en France en 97. Il intègre Sciences Po Lille et enchaine avec HEC. Il aurait voulu faire l’Ecole des Beaux-Arts, mais personne ne l’encourage à choisir ce qui est considéré comme un choix risqué, coupable même quand on a la chance d’être admis dans les classes préparatoires. Gilbert se résigne, abandonne le dessin et se replie sur l’écriture. « Petit à petit je sentais qu’il fallait rechercher le mot juste, je sentais qu’il fallait rechercher l’émotion juste. » Il écrit alors des nouvelles, n’osant pas affronter le roman. « Je croyais qu’il fallait être vieux, respectable et intelligent pour cela », dit-il. Le pas vers le roman s’effectue à l’occasion d’un stage en Afrique du Sud. L’ennui de sa mission le conduit à s’inscrire à un séminaire de littérature anglaise. Un des intervenants lui apprend alors que l’écriture d’un roman en comparaison avec la nouvelle, est avant tout une question d’élan. Déclic. Le conseil désinhibe Gilbert. Il s’élance. Diverses tentatives dorment dans ses tiroirs jusqu’au jour, où, satisfait, il se décide à envoyer un manuscrit aux éditeurs. C’est le passé devant soi, sorti en janvier 2008 chez Phébus et premier tome d’une suite intitulée Figures de la vie impossible. Gilbert Gatore se réjouit de pouvoir écrire la suite, sans devoir se battre contre le quotidien grâce à la Bourse. « C’est un encouragement inespéré et précieux », sourit-il.
L’auteur qui a marqué vos débuts d’écrivain?
Albert Camus et John Maxwell Coetzee.