
PROJET PRIMÉ : montrer le processus d’évolution sociale à travers le parcours de Steeve
Alice Diop préfère parler des autres. Dans la vie, comme dans ses films. Née en 1979 à Aulnay sous bois, elle est tombée dans le documentaire sans le vouloir. « C’est le fruit d’une heureuse rencontre, avec un documentaire d’Éliane de Latour. » Elle réalise les messages que l’on peut faire passer à travers les documentaires. Elle qui étudiait les sciences humaines à la Sorbonne, prend conscience qu’elle peut allier regard sociologique et traitement cinématographique. Sa carrière dévie. Elle regarde les films de Johan van der Keuken, de Raymond Depardon, Jean Rouch ; elle écrit un premier documentaire qui ne se fait pas, mais qui lui permet de rencontrer un producteur avec qui elle travaillera plus tard. Elle fait un DESS Image et société, et réalise un premier film intime sur son père, retraité émigré. Alice s’intéresse à ceux qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas. Elle raconte la diversité culturelle. Elle intègre un atelier d’écriture documentaire à la Fémis. Et réalise un nouveau film. Elle est lancée. Elle travaille pour un magazine télé, L'oeil et la main, « mais ce n’est pas un simple travail alimentaire », précise-t-elle. Elle est aussi auteur pour l’émission Karambolage (Arte). Il y a un an, elle retrouve par hasard Steeve qui vit dans la cité des 3000 dans le 93. L’avenir est flou. Steeve rêve de théâtre pour échapper à la cité. À l’insu de sa famille, de ses amis, il suit le Cours Simon. Alice décide de l’accompagner.
Un bon documentaire, c’est quoi ?
« Il doit raconter des choses intelligentes, en utilisant un biais artistique et humain. Combattre les idées reçues pour faire avancer la société. »