
PROJET PRIMÉ : développer sa librairie généraliste dans une petite ville de province.
Manon Godeau a grandi au milieu des livres. Petite-fille et fille d’instituteurs, autour d’elle on prend un livre comme dans d’autres familles on allume la télévision. Et pour couronner le tout : sa grand-mère tenait la bibliothèque municipale. De quoi esquisser un doux rêve : ouvrir sa librairie. Mais elle s’imagine qu’elle ne pourra jamais le faire. Pas d’argent, pas de contacts, pas de réseau. Alors après ses études, elle se tourne vers le théâtre, s’occupe de la communication, donne des cours, joue des pièces. Mais ça ne lui plaît pas vraiment. Elle se cherche, doute, et pense qu’il est finalement temps de prendre son avenir en main. Elle a toujours dans un coin de sa tête son projet de librairie. Elle hésite. Rencontre des libraires qui l’encouragent, lui donnent confiance et l’introduisent auprès de professionnels. Le « milieu » la reçoit. Oui, c’est certain, elle va tenter le coup. Manon suit alors une formation, effectue des stages, multiplie les expériences dans différentes
librairies. En juin 2006, elle décide de se lancer. Pas simple, d’autant que le parcours est semé d’embûches. Elle souhaite ouvrir sa librairie dans une petite ville, Betton, près de Rennes. Elle effectue une étude de marché qui lui donne confiance. Elle engage toutes ses économies et mène un bras de fer avec la municipalité afin de trouver un accord sur un local à louer. Elle patiente. Elle attend la fin des travaux de la nouvelle médiathèque : elle voudrait installer sa librairie dans l’ancienne bibliothèque. « Le parcours a été jalonné d’obstacles, s’amuse Manon Godeau, mais maintenant, j’y suis ! » Et effectivement, le 1er septembre 2008, sa librairie généraliste, Gargan’mots, a ouvert ses portes. Les premiers mois sont fort encourageants, confie-t-elle. La librairie trouve son rythme et les clients sont de plus en plus nombreux. Manon va pouvoir consacrer une partie de son temps et de son énergie à l’organisation de manifestations autour du livre. Il y a au centre de la librairie un bel espace salon de thé pour favoriser ces rencontres. Le rendez-vous est pris.
Trois questions à...Manon Godeau
Être libraire aujourd’hui, c’est un défi ?
Oui, c’est une passion ! Mais avoir sa libraire, c’est encore autre chose. Moi, j’avais besoin d’autonomie. Il y a les livres mais il y a aussi toute une activité autour du livre… C’est très important. Je compte développer dans les mois à venir les expositions au sein de la librairie, les ateliers d’écriture, les animations pédagogiques…
Et la Bourse dans tout ça ?
Le Prix Spécial accordé par la Fondation va me permettre d’enrichir le fonds de littérature générale francophone et les beaux livres.
Le mot du président du jury : Jean-Marie Sevestre - directeur de la librairie Sauramps
« Cette année, le jury a souhaité donner un prix spécial à Manon Godeau. Son projet lui a demandé persévérance et une grande énergie. Elle méritait un coup de pouce. »