
PROJET PRIMÉ : agrandir sa librairie généraliste de Meaux, Le Monde d’Arthur.
Sandrine Gauzère a le sourire. C’est rare pour une libraire. Le Monde d’Arthur va s’agrandir, après deux ans d’existence. Le contexte économique est difficile, mais Sandrine se lance dans sa mission avec d’autant plus d’énergie. Libraire, c’est un métier périlleux qui relève de la vocation. Faire passer des livres, défendre des auteurs, soutenir la littérature, amener les plus jeunes à la lecture… voilà, ce qui motive Sandrine. C’est une vraie gageure. Un défi. Mais Sandrine n’a pas froid aux yeux et n’est pas du genre à se décourager. Il faut dire qu’elle a de la suite dans les idées. En classe de troisième, quand on lui demande ce qu’elle veut faire plus tard, elle n’en a aucune idée. Elle lit beaucoup et fréquente la bibliothèque : une piste à suivre ? « Libraire, ça me plairait bien » annonce-t-elle à ses parents. Motivée, au lycée, elle travaille dès que son emploi du temps le permet dans une librairie de Chartres. Tout ce qu’elle découvre lui plaît, même si elle faisait les paquets cadeaux. Après un bac économique, elle suit un DUT Métiers du Livre à Nanterre. Sandrine s’intéresse à tout avec une curiosité inassouvie, il suffit de voir sa librairie pour s’en rendre compte. Six mille six cents références dans des domaines aussi variés que la littérature enfantine, la littérature contemporaine, les romans historiques et même un petit rayon psychologie de l’enfant. La librairie est en perpétuelle évolution tout en étant chaleureuse. « Il faut qu’on se sente bien dans ma librairie,
comme chez soi » confie-t-elle. Sandrine accueille chacun de ses clients comme si c’était un de ses amis. « J’ai toujours été surprise de voir les libraires peu aimables, lunatiques, des librairies où l’on n’ose pas entrer. » Sans doute ce qui l’a poussée à devenir sa propre patronne. « J’ai un problème avec l’autorité » reconnaît-elle en riant. Dans sa librairie, elle décide de tout et a toujours le sourire. C’est un état d’esprit. Son dynamisme en laisserait plus d’un sur les rotules. Elle pense toujours à une animation pour les enfants, un écrivain à inviter. Elle sait vivre et faire vivre la littérature. La preuve, pendant ses temps libres, elle fréquente un club de lecture pour défendre encore des ouvrages mais aussi pour en découvrir. « C’est une façon de partager nos coups de coeur » résume-t-elle. À ce stade, ce n’est plus un métier, mais une passion. Le Monde d’Arthur n’a pas fini de s’agrandir.
Trois questions à...Sandrine Gauzère
Le livre qui serait, dans l’idéal, toujours près de la caisse ?
Tous les livres ! J’ai toutefois un attachement aux beaux livres, qui malheureusement ne restent pas longtemps en rayon et sont souvent tirés en édition limitée.
Votre premier souvenir littéraire ?
Voyage au pays des arbres, de Jean-Marie Gustave Le Clézio. J’étais en CM1 !
Et la Bourse dans tout ça ?
Avec la Bourse, l’agrandissement de la librairie va devenir une réalité. Je viens juste de signer le bail d’un nouveau local de 80 m2 !
Le mot du président du jury Jean-Marie Sevestre, directeur de la librairie Sauramps
« Sandrine Gauzère défend notre profession avec enthousiasme. Elle se retrouve seule dans une ville de banlieue à offrir une vraie offre. Son projet d’agrandissement était nécessaire et méritait le soutien de la Fondation. »