
PROJET PRIMÉ : retracer l’histoire de Guélackh, village peul sénégalais.
Géraldine Sroussi a toujours entretenu un lien privilégié avec l’image. À l’âge où on se contente de jouer avec ses copines, elle passait ses aprèsmidi derrière la caméra HI-8 familiale et réalisait des courts-métrages. Bien qu’elle suive pendant sa scolarité une filière artistique, après le bac, elle fait médecine pour devenir chirurgien dentiste. Disons que ça ne la passionne pas vraiment mais elle cède aux pressions de son entourage. En cours du soir, Géraldine apprend les techniques d’écriture de scénario. Au bout d’un an, elle décide d’arrêter ses études pour suivre des cours de cinéma à la Sorbonne. Elle complète sa formation dans une école privée, mais elle quitte le cursus en cours d’année, préférant privilégier l’expérience pratique. Elle participe à plusieurs tournages, pour le cinéma, des téléfilms, des courts-métrages comme assistante caméra. Et très vite elle se lance dans son premier projet personnel : un documentaire, La traversée du silence, co-réalisé avec sa soeur Charlotte Sroussi, et sélectionné dans plusieurs festivals. Le cinéma lui aurait très bien convenu, et d’ailleurs elle ne l’exclut pas, mais le documentaire lui permet d’allier ses trois préoccupations : l’attrait de l’image, le goût des voyages et les rencontres humaines. Géraldine défend son art. « Le film documentaire permet de délivrer un message politique et de sensibiliser un grand nombre de gens. » Ce qui lui plaît : être sur le terrain, derrière la caméra, travailler avec une équipe restreinte, au plus près des hommes et des femmes qui nous racontent une histoire. « J’ai vu comment ça fonctionnait au cinéma ou à la télé, je ne me sens pas à l’aise. Ça paraît moins concret. » Le projet : raconter la vie d’un village isolé au coeur du Sahel où les habitants se battent pour faire vivre leur village en luttant contre l’avancée du sable et
créant des activités d’autosubsistance. L’idée est née d’une rencontre, comme toujours. Lors d’un voyage au Sénégal, Géraldine rencontre sur un marché de Saint-Louis des agro-éleveurs peuls, Doudou et Ousmane Saw. En les accompagnant dans leur village, Géraldine découvre alors le combat que mènent les habitants contre l’avancée du désert, loin des discours catastrophistes et autres images stéréotypées qu’on véhicule sur l’Afrique. Elle ressent alors l’urgence de raconter cette lutte. Comme un message d’espoir. Le départ est prévu dans quelques mois.
Trois quest ions à... Géraldine Sroussi
Le documentaire qui a joué un rôle décisif dans votre perception du métier ?
Moi, un Noir, un documentaire de Jean Rouch de 1959.
Une bonne idée de documentaire, ça vient comment ?
En voyage ! J’ai toujours un appareil photo, une caméra, mais pas comme les touristes ! C’est là qu’on découvre les sujets.
Et la Bourse dans tout ça ?
La Bourse va nous permettre d’avancer dans le plan de financement et nous allons pouvoir nous consacrer à la recherche de nouveaux partenaires, notamment des diffuseurs.
Le mot du président du jury : Hervé Chabalier - président directeur général de l’agence CAPA
« Dans nos métiers, ce qui compte avant tout c’est l’enthousiasme et la conviction. Géraldine Sroussi avait ces qualités. La Bourse Documentaire permet ainsi de donner une chance à des candidats “autrement formatés”. »