
PROJET PRIMÉ : Il nous reste la nuit, un polar social dans les entrailles de Belleville.
Naël Marandin aurait pu devenir footballeur ou peut-être un grand tennisman. Malheureusement pour lui, le mercredi après-midi, il fréquente un cours de théâtre. Alors, il joue avec application, sans vraiment s’imaginer un jour en haut de l’affiche. « C’est comme quand on joue au foot le dimanche, on n’ambitionne pas forcément d’intégrer une grande équipe. » Pourtant, un directeur de casting le repère et il devient le personnage principal d’une saga : l’adaptation télé des Allumettes suédoises. La même année, il joue pendant huit mois au théâtre dans une pièce de Montherlant. Naël a tout juste quatorze ans. On pourrait croire son destin tracé, mais Naël ne se laisse pas griser par les projecteurs. Il a du mal à se faire à la notoriété que lui confère son passage à la télévision. Il prend ses distances avec les tournages, passe son bac, poursuit ses études, part en Chine, apprend le mandarin, revient avec de nouvelles envies, de nouvelles ambitions, et une résolution : monter ses propres projets. Alors il multiplie les petits boulots le jour afin de pouvoir, la nuit, mener à bien chacune de ses envies en lien avec ses convictions. Il réalise un premier court-métrage, Corps étrangers qui remporte un vif succès dans différents festivals en raflant plusieurs premiers prix. Il s’engage auprès d’une organisation chargée d’aider les prostituées d’origine chinoise de Paris. Il évoque cette expérience à l’origine de son projet sans fanfaronnade, du bout des lèvres, en homme timide et discret. Mais on sent que le sujet le touche. Naël veut agir, réagir. « C’est douloureux » reconnaît-il, mais on sait qu’il ne baissera pas les bras. « C’est une forme de prostitution particulière : sans réseau, sans proxénètes… Il me semble important d’en parler. » À propos de la télévision, Naël a les idées claires : « C’est un vrai défi culturel. Aborder de tels thèmes dans un téléfilm, c’est confronter le spectateur à des enjeux auxquels il n’est pas habitué. Il est temps qu’on lui propose des téléfilms aux problématiques importantes. » Le cinéma, il y pensev aussi. « Le cinéma militant s’adresse souvent à un public acquis, il y a un vrai défi à réaliser un téléfilm militant. » Plus tard, on verra, pourquoi pas. Enfin, il n’est pas pressé : « J’aimerais bien un jour faire une série sur une campagne municipale à Paris. » Rendez-vous en 2014 ?
Trois quest ions à... Naël Marandin
Quel est le film que vous pouvez regarder, alors que vous le connaissez par coeur ?
Happy Together de Wong Kar-Wai.
Quel est ce scénariste génial qui tarde à vous inviter à dîner ?
Aaron Sorkin, le scénariste et créateur de la série À la Maison Blanche.
Et la Bourse, dans tout ça ?
La Bourse va me permettre de consacrer du temps à l’écriture du scénario mais aussi elle va me donner les moyens de prendre le temps d’enquêter sur le terrain.
Le mot de la présidente du jury : Pascale Breugnot - présidente d’Ego Productions
« Nous avons été conquis tant par le projet que par Naël Marandin. C’est un projet militant, extrêmement bien documenté, qui pose les éléments de base d’un bon scénario. Naël Marandin s’est révélé un candidat intelligent, déterminé. Son parcours atypique nous a séduits. »