
Projet primé : développer un portail Internet afin de promouvoir le livre sonore.
Le jour, Olivier Carpentier est créateur sonore. Il travaille, entre autres, pour des pièces de théâtre, le cinéma, des musées. Dernièrement, il a oeuvré sur le film Mia et le Migou, sur les écrans fin 2008. Il pourrait se contenter de ça : l’habillage sonore d’une pièce, des bruitages, des arrangements… Mais ce n’est pas le genre d’Olivier Carpentier. Alors la nuit, il s’occupe de
Book d’oreille, un portail Internet consacré au livre sonore francophone.
« Je préfère livre sonore à livre audio qui renvoie au système de diffusion, confie Olivier Carpentier. » Olivier Carpentier n’est pas tombé dans le livre sonore quand il était petit bien qu’il aimât, reconnaît-il, qu’on lui raconte des histoires. Son intérêt pour le livre sonore lui est venu alors qu’un accident le priva de la vue pendant plusieurs semaines. Pour passer le temps, il emprunte des enregistrements à la médiathèque municipale de Cambrai.
Ce fut une révélation : « Porté par la voix, le texte ouvre l’imaginaire et apporte une nouvelle lecture. » Dès qu’il retrouve la vue, Olivier se renseigne, cherche, mène une étude pour la BNF sur la place du livre audio en France et arrive à cette conclusion : le livre audio est une sous-industrie du livre qu’il faut dépoussiérer. Voilà la mission que va s’imposer Olivier Carpentier. Ce jeune créateur sonore connaît l’importance d’une voix, du son. « J’aime l’idée de rendre sonore un texte par le biais d’un comédien. Il y a une dimension musicale et scénique. C’est beaucoup moins restrictif. » Il est temps de sortir le livre sonore du placard, et ne pas le limiter seulement pour les non-voyants et les enfants. On peut écouter un livre lors d’un
trajet en voiture, dit, par exemple, Olivier Carpentier. La Recherche entre Lille et Marseille, c’est tentant. Olivier Carpentier a pris le problème à brasle-corps. Avec Book d’oreille, il entend bien combler « le déficit de légitimité dont souffrent les livres sonores qui sont souvent considérés comme des produits paramédicaux ». Le livre sonore a le droit à une vitrine, et Olivier Carpentier compte bien sur Internet pour la lui donner. Il recense, classe, organise les créations créant petit à petit un catalogue ambitieux et complet de la production française passée et actuelle. Un travail de fourmi. Ou de rat de bibliothèque.
Trois quest ions à...Olivier Carpentier
Le premier livre sonore que vous avez écouté ?
Les livres de Balzac, empruntés à la médiathèque alors que j’étais convalescent. Il est temps d’étendre la production !
Le livre sonore va-t-il devenir à la mode ?
L’univers du livre sonore rencontre aujourd’hui une opportunité économique sans précédent avec notamment la dématérialisation des produits culturels. Internet va permettre de répandre à travers le monde les productions françaises.
Et la Bourse dans tout ça ?
La Bourse va me permettre d’aller au bout du concept et de mener à bien un catalogage exigeant afin d’offrir au plus grand nombre une bibliographie cohérente.
Le mot du président du jury : Alain Fleischer - directeur du Fresnoy
« Nous avons été touchés par la sincérité, l’originalité de la démarche, par l’engagement solitaire d’Olivier Carpentier et par la réelle efficacité que peut avoir pour lui une aide matérielle. »