
Projet primé : Réaliser un court-métrage de trois minutes sur l’évolution de la relation entre un personnage et son animal de compagnie.
Comme tous les enfants, Hélène Friren dessinait beaucoup quand elle était petite. Mais elle ne s’est jamais arrêtée. Elle ambitionnait un moment de faire de la bande dessinée mais, les choses étant ce qu’elles sont, elle étudia le graphisme et l’illustration. Son diplôme en poche, elle se rend très vite compte que « dessiner des logos toute la journée, ça ne [l’]intéresse pas. » Elle quitte la France et s’installe à Londres avec l’espoir d’approfondir ses connaissances. Elle entre dans une école d’art, où, se souvient-elle, il n’y avait pas grand chose à faire. Derrière une porte, elle découvre un studio d’animation. Pas le genre à se tourner les pouces, elle manipule les caméras, se familiarise avec les logiciels et apprend, par hasard donc, l’animation. Comme on sait bien que la pratique prévaut sur le théorique, elle entreprend de faire un film. Plus son projet se concrétise, plus Hélène Friren a l’impression de toucher du bout des doigts son avenir. « J’ai envie de faire ça ! » s’est-elle dit. Et elle le fit. Motivée, elle ouvre l’annuaire et téléphone à tous les studios. Un seul lui répond : celui d’Andrew Painter, connu dans le milieu pour avoir notamment travaillé sur le film Qui veut la peau de Roger Rabbit. « Il m’a vraiment tendu la main, se souvient Hélène Friren, je n’avais aucune formation dans l’animation et il n’a pas hésité à me donner une chance. » Le coup de crayon d’Hélène, son enthousiasme, son envie d’apprendre avaient séduit. Elle travaille quelques mois pour le studio puis revient en France pour suivre une formation à l’école de la Poudrière. « Je ne serai jamais une animatrice Walt Disney ! » s’amuse-t-elle. « Je préfère avoir un style propre, un ton, un univers graphique. » Le style Hélène Friren : un graphisme malicieux, un univers original, des décors poétiques, des dialogues fins, une mise en scène rythmée, un sens du comique, un esprit satirique… en quelques mots.
Aujourd’hui à Londres, elle réalise beaucoup pour la publicité et regrette de ne pas avoir assez de temps à consacrer à ses projets personnels. D’autant qu’en Angleterre, le court-métrage ne bénéficiant d’aucune aide, il est difficile de s’épanouir en tant qu’auteur. Hélène envisage de revenir en France ; elle a un scénario tout prêt, Au poil : une histoire passionnelle et destructrice entre un jeune homme et un hamster.
Trois questions à Hélène Friren
Le réalisateur de film d’animation avec qui vous iriez bien au cinéma ?
Youri Norstein. Tous ses courts-métrages m’ont, d’une manière ou d’une autre, inspirée.
Et la bande dessinée, c’est fini ?
Les bandes dessinées d'Astérix m'ont donné envie de dessiner, pas les films (que je trouve moyens et que je n'ai vus que bien plus tard). Le cinéma m'attire davantage, maintenant que j'ai découvert son langage, mais je dévore toujours autant de bandes dessinés indépendantes et autres livres d'illustrations.
Et la Bourse dans tout ça ?
Un film d’animation c’est un travail d’équipe. La bourse va me permettre de m’entourer d’artistes aux compétences complémentaires, notamment pour la musique.
Le mot du président du jury, Serge Bromberg, directeur artistique de Festival d’Annecy
" Le choix d’un lauréat pour la Bourse Film d’Animation est chaque année un voyage à travers des univers très personnels, inattendus, insolites et décalés. C’est pour saluer la prise de risque, mais aussi l’envie de faire partager une ambiance étrange et riche – à travers un style graphique inattendu – que nous avons choisi de favoriser la réalisation de ce projet en lui attribuant une bourse. Le jury espère ainsi permettre à Hélène Friren de prendre sa place parmi les nouveaux talents de l’animation mondiale."
Le 09 décembre, Hélène a quitté Tandemfilm pour intégrer Aardman Animation en temps que réalisatrice