
PROJET PRIMÉ : Un témoignage sur les minorités religieuses du Moyen-Orient.
Un petit garçon debout devant le portrait lézardé de son père, mort à la guerre. A droite, une femme, tête couverte d’un foulard noir, lève le regard vers la seule source de lumière de la pièce. Autant de personnages, dont la vie est suspendue pour un instant, avant de replonger dans la guerre. Un conflit – celui du Liban – que le photographe Samer Mohdad connaît depuis son enfance et qui l’a contraint à l’exil. En 1983, Samer Mohdad part pour la Belgique. C’est là-bas qu’il trouve sa voie : la photographie. C’est par l’image que le jeune homme découvre « le pouvoir de mettre noir sur blanc la réalité » dont il a été témoin pendant vingt ans. A partir de 1985, Samer Mohdad parcourt l’ensemble du monde arabe pour de grands reportages photos. Ses clichés publiés dans Libération, Le Monde, L’Evénement du Jeudi, Photo Reporter, New York Times Magazine sont exposés dans plusieurs pays. Grâce à la Bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, Samer Mohdad a pu réaliser un autre projet, sentimental et important : témoigner de l’ensemble des minorités religieuses au Moyen-Orient. Car, comme il l’explique, « aux yeux du grand public, les problèmes dans ces régions sont issus de l’opposition des communautés arabe et juive ». Samer Mohdad a donc montré bien plus que ce tableau manichéen en rapportant des clichés de juifs, de maronites, druzes, ismaéliens, chaldéens, alaouites, yazidies et coptes…
Son parcours depuis l’obtention de la Bourse
En 1993, Samer Mohdad publie Les Enfants de la guerre, Liban 1985-1992 et expose au Musée de l’Elysée à Lausanne.
En 1994, il fait un reportage sur les 387 Palestiniens expulsés d’Israël vers le no man’s land libanais dont il a tiré un livre, Retour à Gaza.
En 1997, il est commissaire de l’exposition Les Martyrs de Cana aux RIP (Rencontres Internationales de Photographie) d’Arles et au Musée de l’Elysée de Lausanne.
En 1998, il est commissaire de l’exposition Un si proche Orient, aux RIP d’Arles et de Liban intime 1900-1960 dans le cadre du Mois de la photo.
En 1999, il expose Histoires intimes et Portraits du Caire aux RIP 1999 d’Arles. La même année, il est lauréat du prix Mother Jones à San Francisco et publie Mes Arabies chez Actes Sud.
En 2001, il travaille à Imaging consultant à Riyad où il crée un centre pour l’image à la King Abdulaziz Public Library.
En 2004, Samer Mohdad dirige la Fondation arabe pour l’image à Beyrouth et réalise un dossier spécial sur le Liban pour le magazine GEO.
En 2005, Assaoudia, second volet de Mes Arabies paraît chez Actes Sud. Il est accompagné d’une exposition aux RIP d’Arles.
En 2006, il réalise un reportage photographique « Sur les traces des croisades au Liban » pour GEO et plusieurs reportages pour Le Monde.
Il enseigne actuellement la photographie à la Notre-Dame University de Beyrouth.