
PROJET PRIMÉ : Abe « Le professeur Adams ne vit qu’à travers les mots et les écrits des autres. Sa vie sera bouleversée par la rencontre avec Abe et Jude. Cette dernière a l’étrange pouvoir de raconter les histoires des autres. Abe, lui, n’a pas d’histoire. Il se confond avec les états du monde… »
Un père français, une mère américaine. Deux années d’études supérieures aux Etats-Unis. Puis un retour sur les bancs de Paris I pour une maîtrise de philo. Yann Apperry rejette les écrivains qui se prennent pour des intellos ou des psy. Si vous le croisez dans la rue, vous remarquerez son allure d’adolescent. Impression de rencontrer un être venu d’ailleurs. S’il vous parle, vous ne pourrez que l’écouter… Yann Apperry ne vous dira cependant rien de lui. Chaque question privée semble lui faire violence. « La mémoire personnelle n’est pas intéressante. Il faut s’en affranchir pour écrire. Si tout ce qu’on écrit passe par le biographique, il ne doit pas y rester… » Le rapport à l’écriture biographique le gêne donc : « Si on écrit pour se soulager, il y a un problème. Autant écrire sur du papier toilette ! » Le livre de Yann Apperry, primé par la Fondation Jean-Luc Lagardère, est sorti en 1999 chez Grasset, sous le titre Paradoxe du ciel nocturne. Certains critiques ont trouvé le roman difficile à lire, mais tous reconnaissent un véritable style à Yann Apperry. Ainsi, Jorge Semprun (La Seconde mort de Ramon Mercader, l’Art du Roman…) écrit au sujet du Paradoxe du ciel nocturne : « Apperry a conservé tout son souffle, tout son culot (…). L’écriture est somptueuse, aussi apte à suggérer les sentiments intimes les plus flous et fluides qu’à voir les suavités ou les rudesses d’un paysage. ». Et dans dix ans, comment s’imagine Yann ? Quand on le pousse dans ses derniers retranchements, il confie qu’il aimerait savoir un jour manier tous les styles d’écriture : roman, théâtre, cinéma, et même chanson… pour son ami l’acteur Redjep Mitrovista.
Son parcours depuis l’obtention de la Bourse
1997-1998 : pensionnaire de la Villa Médicis
1997 : Qui vive, aux Editions de Minuit
1999 : Parution de Paradoxe du ciel nocturne chez Grasset.
2000 : Prix Médicis pour Diabolus in Musica paru chez Grasset
2003 : Les Hommes sans aveu, pièce jouée au théâtre du Gymnase (Marseille) et au Théâtre National de Chaillot (Actes Sud, 2001)
2003 : Farrago, roman (Grasset)

Yann Apperry publie un roman cet été, chez Grasset, Terre sans maître.