
PROJET PRIMÉ : l'histoire sulfureuse du Paraguay et de la plus longue dictature du Cône Sud de l'Amérique (1954/1989).
Au Paraguay, la dictature du général Alfredo Stroessner a duré 35 ans, mais de ces 35 années on ne sait encore presque rien. Peu d'articles à l'époque dans les journaux, sinon quelques brèves pour signaler la réélection du "Président". Pendant ce temps, le pays se construisait seul, à l'écart de tous, jouant un rôle majeur dans l'Opération Condor (la collaboration entre les différentes dictatures de l'Amérique du Sud qui eut pour objectif, dans les années 70, de traquer les opposants aux régimes). Découvertes en 1992, les archives de cette opération (surnommées les "archives de la terreur") restent pour l'heure - et c'est le paradoxe - encore peu exploitées.
Pourtant, Maya Kandel le souligne, il y a urgence : les archives ne cessent d'être pillées. Urgence aussi à recueillir les témoignages sur la dictature, alors que les souvenirs sont encore frais. Urgence enfin à rencontrer (qui sait ?) l'âme de ce système, Alfredo Stroessner, avant sa mort (il est actuellement réfugié eu Brésil et atteint d'un cancer de la peau).
Spécialisée dès le début de ses études sur les questions latino-américaines (à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, à l'Université catholique de Santiago du Chili, puis à l'Université Columbia de New York), Maya voit dans cette enquête à la fois la suite logique de son engagement (elle a pratiqué le reportage à New York, en Colombie et à Cuba), et le point de départ d'un tournant, amorcé dit-elle avec le choix de devenir indépendante et "que la réalisation de cette enquête rendrait décisif". Le parcours de Maya (qui exploite au mieux sa double nationalité française et américaine) est au demeurant fort riche : citons - outre un diplôme de l'IEP, un DEA en Economie et Finances Internationales, et un Master de journalisme et Relations Internationales -, de nombreuses enquêtes réalisées entre Paris et New York pour le compte de la presse écrite (Libération, Technikart, Bronx Beat), mais aussi des collaborations régulières dans le domaine du multimédia et d'Internet (Amazon.com, Montparnasse Multimédia), ou de l'édition (Editions des Arènes). Reste - en fil rouge de son trajet - sa passion pour l'Amérique latine. Et le souci, dans ce projet d'enquête au Paraguay, de "participer au devoir de mémoire".
Son parcours depuis l'obtention de la Bourse
2001 Maya Kandel collabore régulièrement au service Société du Point, et réalise un reportage sur le pèlerinage d’El Rincon à Cuba pour Géo.
2002 Le Journal du Dimanche publie le reportage qui lui a valu la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère.