
PROJET PRIMÉ : un reportage sur les ethnies du Tadjikistan, région peu connue de l'Asie centrale qui, après avoir été au 19ème siècle l'arène d'un long duel stratégique (le Grand Jeu), devient à nouveau objet de convoitises et de déchirements.
On dit dans le milieu qu'il a un talent rare. Qu'on n'entre pas impunément à "l'Agence Vu" à 24 ans… Rip Hopkins en sourit discrètement, à l'image de cette éducation anglaise qui lui colle à la peau : "on nous apprend très tôt à ne pas montrer nos sentiments", reconnaît-il. Seulement voilà, Rip a des choses à dire. Fait plus fâcheux encore, il est curieux.
Alors, il compose : entre design (sa formation d'origine), photographie, voyages, documentaires (beaucoup pour le compte de Médecins sans Frontières), tout en rappelant "qu'on ne peut pas boire en même temps le lait et le jus d'orange". Comprenez : Rip ne fait qu'une seule chose à la fois, mais garde la multiplicité de ses regards. Personnalité singulière que celle de ce jeune garçon, grandi dans l'univers de l'art (ses parents sont collectionneurs) et qui entreprend à 16 ans - appareils photo de son grand-père en main - d'aller voir le monde : non pas pour le "capturer" mais pour le comprendre. En fil rouge de ses voyages, une interrogation : comment les individus vivent-ils ? Surtout lorsque les contextes sont difficiles, pauvres, conflictuels, meurtriers ? Que ce soit au Timor oriental, en Roumanie, au Soudan, à Madagascar, en Bolivie… ce sont d'abord les communautés qui retiennent son attention, et elles qu'il photographie.
Au cours de son reportage au Tadjikistan, ce sont elles encore (80 minorités, 56 langues, différentes religions) qu'il souhaite découvrir. Fait original : c'est à travers la production de tapis, centrale dans le pays, que Rip a choisi de comprendre ce qui relie ces différentes ethnies. Ce passionné de tapis (il les collectionne) sait combien chaque motif peut traduire une histoire et être porteur d'identité. Rip a d'ores et déjà prévu de partir deux mois sur place, puis de revenir, de laisser "se décanter" les images, et de repartir encore deux mois. "Pour voir quels sont les éléments manquants", explique-t-il, précisant : "c'est difficile de ramener du premier coup un sujet qui soit vraiment construit ".
Son parcours depuis l'obtention de la Bourse
2001 Lauréat de la fondation CCF pour la photo. Parution chez Actes Sud du reportage qui lui a valu la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
2002 Rip Hopkins réalise un film documentaire sur les Tsiganes de Dallas (Roumanie).
2004 Il participe à Regards sur 10 nouvelles capitales européennes sur les Champs-Elysées. Il publie Déplacés, aux éditions Textuel, un voyage en Ouzbékistan dont les photographies font l’objet de nombreuses expositions sous le titre Bukhara babe.
En 2005 il publie dans un magazine suisse-alémanique une série de photos Bordeaux et le bordelais-manger, boire, penser. Il réalise Essais, un travail sur les humanistes placé sous les auspices de Montaigne et exposé au château de Roquetaillade. Expositions également à Mulhouse, à Riga et à Echirolles.
