
PROJET PRIMÉ : Les Veuves du Cameroun, un reportage sur les cérémonies de veuvage.
En apparence, ses études de langues et civilisations étrangères (Espagnol notamment) ne la prédisposaient pas à la photographie. Sinon, peut-être, ce qui se profilait déjà en arrière-plan comme une motivation : une certaine curiosité, le goût de comprendre. Après un premier reportage à Cuba (réalisé "avant qu'on en parle", parce qu'elle "sentait que ça allait péter"), Sarah Caron a poursuivi, certaine désormais que "là était sa voie". La Havane, l’Inde, en Bosnie Herzégovine… au fil de ses rencontres, un thème de reportage (ou plutôt une "problématique") s'est peu à peu esquissé : le veuvage des femmes. Que deviennent-elles lorsqu'elles se retrouvent sans mari, sans soutien, et que les contextes culturels de leur pays les vouent au déshonneur et à la discrimination ? Après deux reportages intitulés l'exil des veuves blanches en Inde et les âmes fêlées de Srebrenica (parus dans plusieurs journaux français et étrangers), c'est au Cameroun que Sarah Caron souhaite poursuivre son travail. Son projet : suivre pendant plusieurs semaines les rites de veuvage (souvent très longs et cruels) qui sont infligés aux femmes. Au delà des drames rencontrés, c'est aussi et d'abord la manière dont ces veuves se reconstruisent dont Sarah veut témoigner : leur capacité d'action, les ressources qu'elles mettent en œuvre pour survivre et surmonter le traumatisme. Sans doute d'autres "volets" suivront, dans d'autres pays. Parce que c'est cette démarche que Sarah préfère : se donner une ligne d'engagement dans la durée, ou plutôt laisser les hasards du voyage le faire, et ensuite s'y inscrire pendant un temps. Un temps dont elle connaît "le prix" et qu'elle est heureuse de se voir offrir à travers la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
Son parcours depuis l'obtention de la Bourse
2001 Sarah Caron réalise un reportage sur le pèlerinage de Saint-Lazare, à Cuba pour Géo.
2002 Elle reçoit le Prix Chroniques nomades du Festival de Honfleur, elle est également invitée par la Ville de Paris au Mois de la photo de Singapour. Cette année la, elle est lauréate d’une bourse de l’Afaa (Association française pour l’action artistique) pour un reportage sur la mémoire au Cambodge. Son projet primé par la Fondation, les Veuves du Cameroun est publié dans Elle et exposé à Visa pour l’image. Les Routes de l’espoir, reportage sur les clandestins en Afrique est publié dans Géo.
2003 Le reportage sur les cérémonies de veuvage est exposé à l’Espace Dupont-Bastille.
2004 Sarah Caron participe à Regards sur 10 nouvelles capitales européennes sur les Champs-Elysées.
2005 Elle publie L’Odyssée moderne chez Images en manœuvre, ce travail sur l’immagration clandestine entre Sahara et Niger est exposé sur les grilles du Luxembourg à l’occasion des 20 ans de Reporters sans frontières.
2006 Patrick Chauvel, qui a déjà réalisé deux films sur la photographie de terrain : Rapporteur de guerre et Trompe l'œil, prépare un documentaire de 52 minutes consacré à Sarah Caron.
En novembre 2007, Sarah Caron réalise, pour le Time Magazine, un portrait exclusif de Bénazir Bhutto au Pakistan, dans la maison où elle était assignée à résidence.
Pour plus d'informations : www.sarahcaron.fr
