
PROJET PRIMÉ : Renaissances du Yiddish ou le regain d'intérêt des juifs laïcs et des non-juifs pour la culture Yiddish. Une enquête entre Paris, Strasbourg, New York, Amherst (Massachussets) et Jérusalem.
Elle l'évoque comme un regret : sortir du lot, pour une jeune journaliste, n'est pas facile. En cette époque de "course effrénée à l'information", réaliser un reportage "en profondeur" apparaît comme un luxe réservé à quelques "chevronnés". C'est pourquoi, conclue-t-elle, elle a voulu tenter la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, "la seule qui donne vraiment sa chance à de jeunes journalistes non diplômés d'une école de journalisme française".
Car ses "lettres de journalisme", c'est à l'Université de New York qu'Ariane Singer les a faites où elle obtient un Master, non sans être passée auparavant par l'IEP de Paris et une maîtrise de Lettres Modernes. Après des stages à LCI, aux Echos, au Monde, des piges pour Le Point, Entreprendre, Le Nouvel Economiste, Le Figaroscope, la réalisation de magazines de société et culture en Espagnol pour Radio France Internationale, ou encore après avoir été correspondante de Ouest France aux Etats-Unis, Ariane poursuit son activité de journaliste indépendante auprès de nombreux titres de la presse française (Nouvel Observateur, Libération, Ouest France, Femme, etc.) Depuis longtemps, un sujet lui tient à cœur, qu'elle avait déjà eu l'occasion d'explorer pendant ses études aux Etats-Unis, et dont elle souhaite aujourd'hui étendre l'étude à d'autres pays : les "renaissances du Yiddish".
Succès de la musique traditionnelle (le Klezmer), de la littérature, des cours de langue, renouveau des études universitaires, multiplication des sites internet… la langue et la culture yiddish, en voie d'extermination depuis la Shoah, semblent bénéficier depuis quelques années d'un étonnant regain d'intérêt hors des milieux hassidiques et ultra-orthodoxes juifs. Si ce renouveau paraît lié à la volonté de personnalités hors du commun, Ariane n'en pose pas moins la question de son devenir : dans un contexte de diaspora, comment ces héritiers passionnés espèrent-ils faire sortir le yiddish d'un cercle étroit d'initiés et de nostalgiques ; qui plus est le faire ré-exister en tant que langue parlée ? Le prix spécial de la Fondation Jean-Luc Lagardère devrait lui permettre, comme elle le souhaite, de "prendre le temps d'approfondir" cette interrogation.
Son parcours depuis l'obtention de la Bourse
Ariane Singer collabore régulièrement au Point et réalise des reportages pour le Monde 2 après avoir été correspondante de Ouest-France aux Etats-Unis.