
PROJET PRIMÉ : une librairie généraliste au centre ville de Creil (60) en offrant un accueil, des conseils et un service personnalisés et de proximité.
Etre maître de son temps et de son activité. Claire Lesobre (32 ans) y aspirait depuis un bon moment. Son rêve d’indépendance l’a menée à ouvrir la librairie Entre les lignes en janvier 2003 à Creil (60) en emportant sa sœur Anne (36 ans) dans son sillage.
Ce projet a été mûrement réfléchi, discuté pendant plus d’un an. Elles ont démissionné de leur métier respectif pour se jeter dans l’inconnu. Claire connaît le monde des librairies pour y avoir travaillé cinq ans. Anne a abandonné son métier de styliste. C’est elle qui a trouvé l’idée du nom et du logo. «De cette passion du livre, jamais nous n’aurions pensé en faire un jour notre métier. Ce sont les aléas de la vie qui nous ont placées sur cet heureux chemin » commente Claire. Premier lever de rideau, premier client. Cette première fois « a laissé un souvenir impérissable ». C’est à cet instant que les deux sœurs ont réalisé que leur projet se concrétisait. Entre les lignes, librairie de 60 m2, est dédiée à la littérature française et étrangère, aux polars et à la jeunesse. Elle compte sur ses étagères plus de 10 000 titres. « Nous ne nous attendions pas à un tel accueil de la part des Creillois» s’enthousiasment-elles. Le départ de l’ancienne librairie a transformé le centre ville en un désert culturel. Leur installation a comblé ce vide : « l’image de cette ville est souvent liée à une cité à problèmes, explique-t-elle. En nous installant, nous souhaitions contredire cette « vérité »».
Claire refuse l’idée de considérer le livre comme un simple produit de consommation courant. Les deux sœurs défendent une librairie de proximité, à « échelle humaine ». Leur métier est, selon elles, essentiellement une démarche de contact et d’écoute. Faire parler, poser des questions permet de répondre aux attentes de chacun : « le livre est une rencontre entre son lecteur et son auteur, conclut Claire. Nous, libraires, n’en sommes que les intermédiaires »